Ecologie et Survie
Après les débats relatifs au réchauffement de la planète courant 2004, l’humanité se trouve confrontée à une série de catastrophes naturelles, plus violentes et meurtrières les unes que les autres. Ces événements seraient-ils le signe d’une dégénérescence lente mais certaine de notre belle planète ?
A l’heure du bilan, les résultats sont plutôt alarmants. Le listing des incidents est assez conséquent. En effet, l’histoire commence avec l’apparition de petits phénomènes bénins (avalanches, glissements de terrains, etc.) pour dériver sur des phénomènes qui s’inscrivent dans les plus grandes catastrophes naturelles et humains. Pour rester attaché aux faits majeurs : le 26 décembre 2004, l’île de Sumatra est touchée par un violent séisme tuant 22000 personnes. Le 28 août 2005, la Nouvelle-Orléans (Etats-Unis) est balayés par l’ouragan Katrina emmenant des milliers de vies. Plus récemment, le 8 octobre 2005, le Pakistan est sévèrement secoué par un séisme faisant environ 50 000 victimes. Nous ne ferons pas ici une liste exhaustive de tous ces évènements, en considération des évènements plus récents qui ont touchés toute la planète. Malgré la fréquence de ces événements, bénins ou pas, très peu de personnes semblent s’inquiéter de l’évolution de la dégradation de la planète.
Que dire ? sinon que la terre est en colère. Mes chers petits humains, la nature reprend ses droits. On peut entendre nature, au sens propre du terme, pour les agnostiques et Dieu pour les croyants, quelque soit le nom qu’on veut bien lui donné.
Il est important, et même essentiel, de prendre en compte l’aspect humain dans ces incidents. Il reste, en effet, non négligeable et les conséquence encore moins (sinistres, épidémies, famines, etc.). Psychologiquement, économiquement et humainement, ce sont des épreuves de taille pour le genre humain. Les religieux s’accordent pour dire qu’ils perçoivent en cela, les signes annonciateurs de la fin d’une civilisation.
Au delà de ces approches, intéressons-nous donc à l’aspect naturel ou écologique. Ces catastrophes apparaissent comme l’enchaînement logique d’un processus engagés, il y a bien longtemps. Le cheminement est très simple :
L’industrialisation et la course au profit ont conduit l’homme à tous dénaturer. A l’image de l’homme qui détruit son organisme s’abrutissant avec toutes sortes de substances. Il s’agit de dire que l’homme tue la planète à coup de produits toxiques, d’engrais chimiques, etc. Cette action a pour conséquence essentielle, la diminution de la couche d’ozone qui provoque le réchauffement de la planète, et par suite une cascade de dérèglement dans le cours naturel des choses. A mon sens, la seule conception du monde vraiment susceptible d’inspirer la construction d’une «autre» civilisation, plus harmonieuse, plus humaine, serait l’écologie. Les idéologies morales et politiques (eschatologie communiste, socialisme, libéralisme, industrialisme) se sont succédées et ont abouties au même résultat : un monde à l’agonie, conséquence des excès en tout genre de l’homme. L’histoire se répète encore une fois. L’écologie, dans sa branche radicale et d’inspiration fortement religieuse, signe ses débuts dans les années 70. La guerre froide perdurait encore: la course aux armements, moralement ignominieuse et stratégiquement inadmissible. Une catastrophe nucléaire n’était pas impossible. Et dans ce contexte, le lancement d’un programme d’énergie nucléaire dite pacifique effrayait. On prenait conscience, tout à coup, de certaines absurdités, vanités de la croissance industrielle. Mai 68, révolution édifiante pour certains, s’inscrivait comme un cri pour le développement, une libération des forces créatives de la technique et une libération morale. Dans le sens moral et intellectuel, cette révolution représentait une avancée considérable mais elle marquait aussi sur le plan physique et matériel le début d’une nouvelle forme de barbarie chez l’homme. La pensée écologique, au contraire, remettait en question cette modernité, qui dissolvait toutes les traditions, se moquait de toutes les formes de piété, ne respectait rien, et elle refusait cette aliénation économique qui rompait les équilibres anciens, épuisait les ressources de la planète et détruisait la nature. Cette approche des choses, scientifique ou religieuse, peut paraître obsolète. Certes, mais l’essentiel reste de s’attarder sur les conséquences qui sont bien réelles. Au fur et à mesure que l’homme progresse, il s’inscrit lui-même dans un processus d’extinction de la race et de destruction de la planète. N’est-ce pas encore le cas aujourd’hui ? Le progrès décime tout, la menace nucléaire est toujours présente et plus que jamais d’actualité, etc. Le seul inconvénient réside dans le fait que l’approche écologique, de nos jours, est certes, moins radicale, mais plus démagogique car même si l’heure reste grave, aucun pays ne fait de l’écologie sa priorité .
La vie demeure pour nous non seulement une énigme, mais un mystère et ce même si nous vivons l’époque de l’homme dieu. Tout tend cependant à ramener l’homme à une seule réalité : le respect pour la vie, un sentiment qu’il arrive même au matérialiste le plus convaincu d’éprouver lorsqu’il évite d’écraser un ver de terre sur la chaussée ou d’arracher sans raison une fleur. Il est difficile à un citadin qui a grandi entre des murs de parvenir à la vraie humanité: il n’a jamais vécu avec la nature, dont il n’a jamais senti l’unité, il n’a jamais rien entendu des soupirs de la créature. Un long contact avec la nature permet de comprendre que chaque être vivant est irremplaçable dans la chaîne de la vie. Triste est de constater qu’en dépit de nos avancées dans la génétique, dans la chimie, la médecine, dans les sciences de manière générale, nous sommes obligés de revenir à d’anciens savoir-faire, ce qui représente une régression considérable, pour espérer vivre ou survivre et profiter encore longtemps de notre belle planète. Alors, petit homme, le fait de dominer la matière ou d’imiter l’architecte de la création fait-il de toi le maître du monde pour autant ?
Dans ce contexte, où Dieu est tué par une idole en particulier, l’argent, il est important de reconnaître que chaque vie est sacrée. Dans cette belle architecture qu’est le monde, il faut reconnaître aussi l’architecte. En ce sens que, la création n’est pas une approche purement scientifique. L’homme reste le plus intelligent des créatures terrestres, au titre d’être pensant, pouvant traduire ses pensées par la parole et autres… Il est cependant le plus primitif par des notions de pouvoir et d’avidité qui l’aveugle complètement sur la réalité de la vie. Il semble perdu au milieu de la nature, créature parmi les créature, sans privilège alors même qu’il est le plus favorisé. Au lieu de profiter dignement de cet état de fait, il s‘affaire à pointer des différences entre les êtres, à les mépriser, en commençant par sa propre nature humaine. La conclusion de ce verbiage reste qu’il faut mettre en œuvre une philosophie du respect de la vie et de la responsabilité infinie envers tout ce qui vit. On parle de la nature mais cette vérité s’applique aussi à l’homme lui-même. Dans la longue liste des maladies qu’on recense sur terre, la plupart sont imputables aux dérives et déviances de l’homme se croyant omnipotent. C’est justement dans cette phase de notre évolution que nous devons prendre à la fois conscience de notre puissance (nous pouvons détruire les bases de notre existence) et conscience des limites de cette puissance, ainsi que des limites de notre science. Il n’est plus possible de penser sérieusement que l’homme est la mesure de toutes choses, la mesure du monde, il ne l’est même pas de «son» monde.
En dépit d’une montée certaine mais négligeable de la spiritualité, qui ne fais plus vraiment partie intégrante des mœurs de la classe dirigeante sinon toujours dans une hypocrisie générale, ne sachant pas qu’il se ment qu’ à lui même, le sens de la vie des hommes, leur progrès, sera de résoudre rationnellement, techniquement et aussi moralement, ces problèmes qui se posent à l’humanité entière : réparer la couche d’ozone, décontaminer les nappes phréatiques, dépolluer les mers et les fleuves, reboiser des portions de l’Amazonie et des forêts d’Asie, maîtriser la croissance démographique, sortir du nucléaire, développer les énergies alternatives, développer une agriculture vivrière, éco-biologique, etc.) L’écologie apparaît comme la composante essentielle de l’action planétaire citoyenne, et non une religion ou une idéologie.
Un mystique affirmait que : «Le respect de la vie nous conduit à une relation spirituelle avec le monde, indépendant de toute connaissance de l’univers. Avec les progrès de la science et des techniques, le travail de la civilisation ne deviendra pas plus facile, mais au contraire plus difficile.»
La modernisation est, certes, nécessaire à l’évolution de l’humanité mais prenons soin de notre planète comme nous le faisons pour notre personne, si tel est encore le cas. Il va s’en dire que notre avenir en dépend. L’écologie tout entière, dans toutes ses composantes, manifeste l’exigence que les hommes respectent la vie, au sein de notre civilisation moderne pénétrée de technique, de protéger la nature et ses semblables et par conséquent notre belle humanité. Chacun sa réalité, chacun son utopie seulement le rêve reste beaucoup plus proche de la réalité que ne peut l’imaginer…